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La réutilisation adaptative, en avant !

17 juin 2021

Même si aujourd’hui ce n’est pas toujours le cas en architecture, la réutilisation et l’adaptation gagnent du terrain. Pourtant l’idée est loin d’être nouvelle. A l’heure de la réduction des coûts, des stratégies les plus durables, de la conservation de certains monuments, la réutilisation adaptative pourrait-t-elle revenir en force pour constituer les bases d’une architecture plus résiliente ?

 

Par Sipane Hoh 

  

 
© 3157171 / Pixabay

 

 

Les nouvelles constructions abondent un peu partout dans le monde. Remanier des réalisations existantes pour leur donner une nouvelle vie est peut-être un moyen efficace aux multiples atouts. Cette pratique connue par la réutilisation adaptative consiste à remanier et adapter une ancienne structure pour qu'elle fonctionne d'une manière nouvelle. Elle est souvent employée lorsque la préservation du patrimoine d’un site est une priorité ou qu’un site est sous-utilisé. La réutilisation adaptative est également mise à profit dans les cas où la conservation d'une partie ou de la totalité de l'architecture existante serait la plus économique ou la plus durable. Quelles sont les différentes caractéristiques de la réutilisation adaptative ?

 

 


 © Antony-X / Pixabay

 
© photosforyou / Pixabay

 

 

Construire avec l’existant


Le secteur du bâtiment représente environ un tiers de la consommation mondiale de carburant. La réutilisation adaptative fait référence au processus de réutilisation d'un bâtiment existant à des fins autres que celles pour lesquelles il a été construit ou conçu à l'origine. C'est une façon de donner une nouvelle vie aux édifices anciens tout en conservant leur valeur historique et leurs ressources locales.

 

De plus en plus d'architectes, de maîtres d’ouvrage et de municipalités adoptent ce type d'architecture car il permet aux propriétaires mais aussi aux utilisateurs de tirer le meilleur parti des bâtiments existants. En effet, la réutilisation adaptative respecte le passé et utilise les vieilles structures pour construire le futur. Du point de vue des impacts sur la gestion des ressources, les avantages engendrés par la réutilisation adaptative sont impressionnants. Ainsi, de nombreux projets ont vu la naissance d’icônes architecturales qui contribuent à de nouveaux investissements, apportant diverses opportunités. De même, en réutilisant et en améliorant les constructions existantes dans certaines villes, les projets de réutilisation adaptative impactent positivement l'étalement urbain sans oublier ce petit lien qu’elles créent entre le passé et le présent.

 

Avec la réutilisation adaptative, non seulement il faut acheter moins de nouveaux matériaux de construction, mais le besoin de démolition coûteuse et d'enlèvement des débris est considérablement limité. C’est un recyclage architectural qui réduit la consommation des différentes ressources du projet, demande moins d'énergie et de main-d'œuvre qu'une nouvelle construction et préserve ce qu'il y a de mieux tout en se développant de manière plus pratique.

 

La réutilisation adaptative peut concerner des édifices, transformés aujourd’hui à des monuments mondialement connus comme la gare d’Orsay devenue l’un des musées les plus fréquentés de la capitale française - après l’intervention de Renaud Bardon, Pierre Colboc et Jean-Paul Philippon (ACT Architecture) ainsi que de Gae Aulenti -, ou comme l’ancienne centrale électrique de Bankside devenue aujourd’hui - grâce à Jacques Herzog et Pierre de Meuron - le Tate Museum, le nouveau temple de l’art contemporain londonien, ou comme les anciens réservoirs à gaz convertis en logements par des grands noms en architecture comme Jean Nouvel, Coop Himmelb(l)au, Manfred Wehdorn et Wilhelm Holzbauer dans la capitale autrichienne ou enfin comme la High Line de New York, un terrain désaffecté muté grâce à l’intervention de l’agence Diller Scofidio + Renfro en collaboration avec l’architecte paysagiste James Corner et Piet Oudolf  en un agréable parc linéaire surélevé servant de voie piétonne. Les exemples sont nombreux et les résultats tout aussi extraordinaires.

 

Mais aussi dans un but social


Cependant, la réutilisation adaptative n’a pas toujours donné naissance à des monuments internationalement connus. Il existe aussi des opérations modestes remarquables qui participent jour après jour à la revalorisation d’une commune ou plus précisément d’un quartier. Citons deux exemples marquants, parmi tant d’autres qui valent le détour.

 

 


 © Ivo Tavares Studio

 
© Ivo Tavares Studio

 

 

Au Portugal, à Porto, l’agence d’architecture Anarchlab dirigée par l’architecte Pedro Ribiero da Silva vient de terminer la reconversion d’une fabrique de céramique qui comprenait un atelier, un entrepôt, des bureaux ainsi qu’une charmante résidence appartenant à l’un des trois associés de l’enseigne, en un édifiant ensemble composé de douze logements. L’architecte a remanié l’édifice - désormais classé - en respectant l’histoire du lieu. Et même si la morphologie du complexe est restée similaire à l’original et la structure du toit et ses puits de lumière gardent intacte l’ambiance industrielle, l’intérieur a été complètement métamorphosé. La réalisation a non seulement apporté un nouveau souffle au quartier mais elle a fini par abriter douze familles en centre-ville.

 

 

 
© Cécile Septet

 
© Cécile Septet

 

 

En France, dans les Yvelines, aux Mureaux, l’agence THINK TANK architecture paysage urbanisme, gérée par les architectes Marine de La Guerrande et Adrien Pineau, a reconverti un ancien moulin en un remarquable lieu de fabrication artistique. Outre la complexité de la transformation que les architectes ont mené avec adresse, il s’agit surtout d’une réalisation exemplaire qui a participé activement à la renaissance du lieu, sans oublier l’approche durable (économie de moyen, de gestion, pérennité) qui a guidé la conception. « Les bâtiments ont été abandonnés longtemps, le jardin était fermé et il fallait contourner le site. Pendant le chantier, de nombreuses personnes sont venues m’interroger sur le projet, heureux de voir ce lieu en pleine renaissance. Chacun avait une anecdote à ce sujet et partageait ses souvenirs. Voir la rapidité avec laquelle les habitants du quartier se sont réappropriés les lieux est la plus belle récompense » déclare Marine de La Guerrande, architecte en charge du projet. Avec cette réutilisation adaptative, l’ancien édifice, longtemps abandonné, a retrouvé un nouveau souffle et la commune vient de se doter d’un nouveau lieu artistique ouvert à tous.

Enfin, notons que certaines universités comme l’université de Washington à Seattle ont inclus la réutilisation adaptative dans leur programme d'études. Dans un monde où la production de masse - et parfois le pastiche - sont la norme, la réutilisation adaptative qui va à contre-courant et tend à conserver plutôt qu’à démolir, saura-t-elle retrouver sa véritable valeur ?

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