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Manal Rachdi, le paysage d’abord

17 juin 2021

L’architecte Manal Rachdi qui dirige l’agence OXO Architectes place la nature non pas sur un piédestal mais au cœur même de chacune de ses réalisations. Une belle série d’opérations, qui a commencé par la construction du lycée Jean Moulin de Revin en collaboration avec Duncan Lewis, et qui continue, depuis, à travers toute la France. Rencontre avec un bâtisseur convaincu que l’avenir de l’architecture passera par la nature.

Par Sipane Hoh

 


© Cyrille Weiner

 

 

Né au Maroc, Manal Rachdi a fait des études de biologie et de géologie avant de s’orienter vers l’architecture. L’étude de l’infiniment petit, comme les cellules et les plantes, jusqu’à l’infiniment grand, comme les planètes et leur mouvement,  passionnait dès le départ l’étudiant qui a fini par trouver, dans l’architecture, la synthèse des deux. C’est en continuant dans cette filière que l’artiste dans l’âme cherche à se perfectionner en travaillant avec des architectes comme Dunkan Lewis ou Dominique Lyon et Jean Nouvel pour engendrer une architecture respectueuse de son environnement, à la fois rigoureuse et fantastique.

 

L’architecte admet qu’au début de sa carrière, il a perdu plusieurs concours où il mettait l’architecture et la nature en symbiose. Était-il en avance par rapport aux souhaits et exigences de l’époque ? Probablement. Toujours est-il que les projets de l’architecte et sa volonté de remettre la nature au cœur même de l’architecture n’a pas changé depuis, bien au contraire. Et ses idées visionnaires sont mieux acceptées aujourd’hui. « Tout ce que nous proposions à l’époque est devenu aujourd’hui normal. Pour moi, c’est un vrai renforcement de conviction » déclare l’architecte.

 

L’Arbre blanc



© SFA+NLA+OXO+DR

 


© Cyrille Weiner

 

 

Le nom de Manal Rachdi a été révélé par le projet de l’Arbre blanc, une réalisation prodigieuse menée à bien en collaboration avec Nicolas Laisné Associés et l’architecte japonais Sou Fujimoto. Manal Rachdi, établit à Montreuil, continue à repousser les limites pour une architecture résiliente en constante fusion avec le paysage. L’Arbre blanc est un immeuble de logements à l’allure fantastique, situé à Montpellier. L’ensemble est une « Folie » qui incarne avant tout le « vivre dehors ».

 

En effet, la tour aux formes écaillées qui schématise un arbre occupe un emplacement privilégié et se trouve à l’intersection de plusieurs flux dont le Lez, la voie rapide, la promenade piétonne et la piste cyclable sur les berges. Cette véritable « curiosité » a réussi, grâce à la finesse de l’intervention des architectes, à s’immiscer dans le paysage tout en s’ouvrant à tous. Bien qu’elle n’en ait pas l’air, la tour accueille le public tant à son rez-de-chaussée qu’à son dernier étage où se trouvent respectivement un restaurant, une galerie d’art et un bar.

 

Devenu depuis sa construction une icône, l’édifice est également doté à son dernier niveau d’un espace partagé où peuvent se réunir tous les habitants en contemplant le superbe panorama qui s’offre à eux. « Nous avons travaillé l’archéologie du contexte qui a donné au projet son caractère fort. Mis à part le « vivre dehors », nous souhaitions éviter les projets beaux mais inaccessibles » raconte Manal Rachdi qui ajoute, avec satisfaction : « Nous avons même réussi à intégrer au projet des terrasses en duplex, un esprit New-yorkais avec la volonté de faire circuler les gens sur la façade ». L’Arbre de vie constitue ainsi « la tour pour tous » ; une réalisation prodigieuse et accueillante où la végétation couvre presque 50% des balcons. Une réussite en somme qui fait la fierté de l’architecte.

 

 

Mille arbres



© Sou Fujimoto Architects + Manal Rachdi Oxo Architectes + Compagnie de Phalsbourg + Ogic + Morph

 


© Sou Fujimoto Architects + Manal Rachdi Oxo Architectes + Compagnie de Phalsbourg + Ogic + Morph

 

 

Un autre projet marque le parcours de l’homme de l’art. Il s’agit de l’immeuble pont, en construction à Paris, un ensemble qui amoncelle subtilement plusieurs programmes dont des logements, des bureaux, un hôtel, des commerces, une gare routière, un pôle ludique, un espace de petite enfance ainsi qu’un restaurant panoramique et un centre de conférence. L’édifice, baptisé Mille Arbres, qui a été conçu en collaboration avec l’architecte Sou Fujimoto, frappe par son gigantisme.

 

En effet, censée constituer un trait d’union entre la ville et sa périphérie, la réalisation tente un retour en force de la nature, car le projet comprend plusieurs parcs dont un ouvert au public et un autre privé sur son toit. « Nous avons travaillé sur les transparences. Et en plantant les mille arbres, nous avons réussi à créer des îlots de fraîcheurs ». A l’image d’un paquebot qui s’est échoué en bordure de ville, le monolithe qui croise avec tact le minéral et le végétal respecte parfaitement les derniers principes de durabilité en couvrant 90% des besoins énergétiques. « Il s’agissait de se questionner sur la notion de la ville dense » déclare l’architecte qui cite, comme exemple, le quartier Haussmannien et ne cache pas son penchant pour la réalisation des projets mixtes.

 

 

L’avenir



© OXO Architectes

 

 

Le projet de « L’Arbre de vie » qui a remporté l’appel à projet organisé par le Grand Paris-Sud-Est Avenir et qui sera réalisé sur le site Ilot Jacquart à Créteil, constitue un projet mixte qui comprend des logements, des commerces, des amphithéâtres, un espace Sport-Santé ainsi qu’un food court. Il s’agit, cette fois-ci, d’une tour avec une végétation abondante qui, une fois terminée, sera probablement un nouveau signal pour la ville.

 

 


© LUXIGON

 

 

Le dernier projet en construction de Manal Rachdi se trouve à Marseille où l’architecte se livre à un exercice d’un nouveau genre. A l’inverse de ses autres réalisations, Il s’agit là d’insérer le projet dans un parc et non pas de ramener la nature au sein de la parcelle. La nature est déjà là. Il suffit de créer le projet qui va pouvoir s’y adapter. C’est un projet qui fait vibrer la nature existante et crée une osmose entre l’architecture et le vivant.

 

Quand nous parlons d’avenir, Manal Rachdi précise qu’il croit à la propagation des projets mixtes. « Je crois au glissement des fonctions comme l’hôtel d’aujourd’hui qui deviendra le bureau de demain ». Selon l’architecte il faut anticiper les programmations du futur tout en prenant en compte les contraintes actuelles comme l’économie d’énergie et les coûts maîtrisés, le tout dans un esprit d’une véritable volonté urbaine.  

 

Manal Rachdi a reçu de nombreuses récompenses. Qu’elles soient nationales ou internationales, les distinctions montrent une maîtrise sans faille doublée d’une indéniable sensibilité. L’architecte participera -en tant qu’intervenant- à la prochaine édition parisienne d’Architect@Work qui se tiendra le 23 et 24 septembre au Paris Event Center et aura pour thème : Bio-Logiques. Malgré l’aspect avant-gardiste de son architecture et l’audace de ses formes engendrées, Manal Rachdi garde les pieds sur terre et conçoit des réalisations aux coûts raisonnables qui répondent toujours favorablement aux diverses exigences programmatiques ou contextuelles d’un projet.

 

 

Manal Rachdi, le paysage d’abord
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